Dans la perspective de la mise en service intégrale du réseau ferroviaire transfrontalier Léman Express, qui interviendra le 15 décembre 2019, le Conseil d’Etat a adopté un important catalogue de mesures d’accompagnement, destiné à faire de cette nouvelle offre de transports collectifs le cœur de sa stratégie pour améliorer les déplacements de l’ensemble des Genevois et des habitants du Grand Genève.

Le nouveau réseau ferroviaire Léman Express desservira 45 gares sur 230 kilomètres de lignes dans les cantons de Vaud et Genève et les départements français de l’Ain et de la Haute-Savoie. Il comporte un potentiel de diminution du trafic individuel motorisé entrant sur le territoire genevois de 12%, qui est supérieur à la diminution du trafic observée en été. Le nombre de passagers potentiels du Léman Express, soit quelque 4400 par heure et par sens, correspond en termes de volume à la mise en service d’une autoroute à deux doubles voies. Le Conseil d’Etat entend donc encourager fortement les habitants de la région à changer leurs habitudes de déplacement pour favoriser le train et les transports collectifs en général. C’est dans ce but qu’il a adopté ce jour à l’intention du Grand Conseil son Plan d’actions des transports collectifs 2020-2024, ainsi que diverses modifications législatives relatives, notamment, au stationnement des véhicules motorisés.

Ces mesures, additionnées à d’autres actions, visent à consolider durablement l’impact du Léman Express sur la mobilité à Genève et dans le Grand Genève. Elles seront mises en place progressivement entre 2019 et la fin de la législature. A terme, elles doivent permettre aux pendulaires de gagner en temps et en confort de déplacement, de désengorger les axes routiers notamment au profit des entreprises de services comme de marchandises et de favoriser un environnement plus sain en termes de bruit et de qualité de l’air.

Adapter et renforcer les réseaux de transports publics

Dès décembre 2019, 80% des habitants et 86% des emplois du canton seront situés à moins d’un kilomètre et demi d’une station du Léman Express. Il s’agit dès lors de favoriser les rabattements des lignes de transports publics sur les 45 gares du réseau. Le Plan d’actions des transports collectifs 2020-2024 prévoit notamment que chaque commune genevoise verra ses lignes de transports publics desservir au moins une gare du réseau, de même pour les lignes de bus transfrontalières financées par le Grand Genève. Outre les rabattements sur le train, ce plan d’actions prévoit un accroissement de l’offre de transports publics de plus de 20% sur les cinq prochaines années.

Dans la même logique, le stationnement pour les cycles, en surface ou dans des vélo-stations, va être considérablement développé, en particulier autour des cinq nouvelles gares que comptera Genève dès décembre 2019. Afin de renforcer le réseau cyclable existant et d’assurer des itinéraires continus et sécurisés dans le centre, l’Etat et la Ville de Genève ont en outre mis sur pied une task force mobilité douce, chargée de prioriser et d’accélérer les réalisations en la matière. Enfin, les espaces publics devant les gares seront aménagés avec une attention particulière portée à la signalétique, afin de faciliter les transbordements entre train et transports publics urbains, mais aussi depuis le train vers les vélo-stations ou les parkings pour autos et motos aux abords immédiats.

Agir sur le stationnement

Pour développer les pistes cyclables et assurer des axes prioritaires aux transports publics dans les centres urbains comme le veut la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE), il est nécessaire de supprimer certaines places de stationnement sur voirie. Or, le taux de motorisation des ménages en Ville de Genève comme sur l’ensemble du canton tend à diminuer, tandis que certains parkings du centre-ville affichent de la disponibilité et que près de 60% du temps de stationnement sur les places en surface n’est pas payé par les utilisateurs. Fort de ces constats, le Conseil d’Etat va renforcer la mission de contrôle de la Fondation des parkings. Il souhaite également mieux utiliser les disponibilités des parkings du centre pour compenser les places supprimées.

A cette fin, le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil trois propositions de modifications législatives. Il propose de revoir la loi d’application de la loi fédérale sur la circulation routière (LaLCR) et la LMCE en vue d’assouplir les dispositions relatives à la compensation du stationnement. Il s’agit en substance de diminuer l’offre de stationnement en surface pour favoriser les parkings en ouvrages.

Constatant que la disponibilité d’une place de parc gratuite ou à bon marché sur le lieu de travail joue un rôle déterminant dans le comportement des pendulaires en matière de mobilité, le canton étudie également l’opportunité de fiscaliser les places de stationnement gratuites offertes par certains employeurs, toujours dans le but d’encourager les automobilistes à faire évoluer leurs habitudes de déplacement en faveur d’une mobilité plus durable.

Enfin, le Conseil d’Etat soumet aux députés un projet de modification de la loi sur le réseau des transports publics (LRTP), assorti d’un projet de loi de financement de 53 millions de francs, pour assurer le développement d’un réseau de transports publics complémentaire avec le Léman Express et cohérent avec la LMCE.

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